HOMMAGE À HEINZ STEFAN HERZKA

Heinz Stefan HERZKA

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition à Zurich de Stefan HERZKA, un ami de longue date, donateur avec son épouse Verena NIL de l’exceptionnelle collection d’instruments de musique qui constitue aujourd’hui le fonds HERZKA NIL exposé au Musée de la musique à Céret.
Nous tenons à mettre en exergue les propos de Stefan Herzka qui lors de cette donation a voulu que soit inscrite sur un mur du musée la phrase suivante :
La collection Heinz Stefan HERZKA et Verena NIL a été donnée au Centre Internacional de Música Popular et à la ville de Céret par gratitude envers les femmes et les hommes du sud de la France qui ont courageusement aidé les persécutés du nazisme et les réfugiés venus par les portes des Pyrénées et par admiration pour ceux qui ont soutenu en Pays catalan la liberté culturelle pendant la période de la dictature en Espagne

L’équipe du Musée de la musique et l’équipe de l’Atelier scénographique de l’Arche de Noé adressent leurs sincères condoléances à Verena et à l’ensemble de la famille.

Hommages

Lorsque la direction du CIMP m’a confié en 2009 la scénographie du Musée de la musique à Céret, j’ai fait la connaissance de Stefan et son histoire a engendré entre nous au fil du temps un dialogue extrêmement riche de sens. Les années ont passé et nous avons maintenu ce lien, qui fait que dès que nous nous avons ouvert l’Institut des arts du masque à Limoux, Stefan et Verena nous ont rendu visite. Leur souhait était d’y revenir pour l’exposition des « Marionnettes Indonésiennes » qui constituent une partie du fonds du Musée de la musique et «Les Marionnettes de l’Exil» témoignant de l’histoire familiale des parents de Stefan Herzka à leur arrivée de Vienne à Zurich en 1937, expositions temporairement fermées depuis octobre 2020.
Guillaume LAGNEL

Une genèse
«Celui qui s’est perdu dans sa passion – disait Saint Augustin – a moins perdu que celui qui a perdu sa passion».
Stefan Herzka, Verena Nil et le hautbois, c’est l’aventure de toute une vie. Pédopsychiatre d’origine juive viennoise, Stephan Herzka a rencontré son premier hautbois dans la boutique d’un marchand de jouet à Edirne (Turquie). Cette innocente trouvaille fut le déclencheur d’une véritable passion partagée avec sa femme, thérapeute du mouvement. Quelques décennies plus tard, des centaines d’instruments provenant de toutes les parties du monde et témoignant de toutes les époques de l’humanité constituent un fonds exceptionnel. Ce trésor, Stefan et Verena n’entendaient pas le conserver pour eux. Animés par un humanisme généreux, ils avaient dès le début, imaginé de le léguer un jour au grand public. La Ville de Céret, qui possédait de son côté un fonds d’instruments populaires catalans, a répondu favorablement à leur proposition en décidant de créer autour de cette collection patrimoniale, un centre muséographique d’intérêt international. En plein coeur historique de la ville, l’ancien hôpital St Pierre, un bâtiment aux vastes proportions, présente les vitrines de la collection permanente ainsi que des expositions temporaires. Il est aussi conçu comme outil pédagogique à destination du jeune public et comme centre d’accueil pour des musiciens et des facteurs d’instruments.
François-Henri Soulié (Musée de la musique, mai 2013)

Heinz Stephan Herzka, neuropsychiatre suisse de renommée internationale, découvre le hautbois, par hasard, au cours d’un voyage professionnel en Grèce. Depuis, sa passion pour l’instrument ne l’a jamais abandonné, le poussant à explorer toujours plus avant sa quête de nouveaux instruments mais aussi de nouveaux musiciens ou facteurs d’instruments. Le hasard et la nécessité, en somme… Mais ce qui différencie Heinz Stephan Herzka d’un collectionneur ordinaire, c’est un goût plus affirmé pour la musique des hautbois que pour les instruments eux-mêmes. Sa collection est entièrement constituée d’instruments en état de jeu, c’est-à-dire anchés ! Car, plus que l’objet, ce qu’il recherche est ce moment rare de la rencontre, en situation, avec les musiciens et leur public. Quête de l’émotion, quête aussi de la face souvent cachée du hautbois, tendre, sensuelle, envoûtante, bouleversante. Au-delà de sa propre histoire, qui peut expliquer par bien des aspects cet attrait immodéré pour le hautbois, Heinz Stephan Herzka se sent avec l’instrument l’affinité de celui qui, comme le joueur de hautbois, « s’occupe des émotions, les provoque et les manipule ».
Introduction à Heinz Stefan Herzka « Auteur d’une collection unique de hautbois du monde : Heinz Stefan Herzka », par CHARLES-DOMINIQUE et Pierre LAURENCE (eds.), Les hautbois populaires. Anches doubles, Enjeux multiples, Parthenay, FAMDT, pp. 270-283.

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