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NOUREDDINE KHOURSHID

du jeudi 24 novembre 2011
au vendredi 25 novembre 2011

à
Palais des rois de Majorque - PERPIGNAN

Conférence : L'Islam et les confréries - Le soufisme et les derviches. Jeudi 24 novembre 2011 - 20h30 - Hôtel du Département - PERPIGNAN. En présence des artistes et de Monsieur Tarek Kuteni (Guide-conférencier, Directeur du musée de Belesta).
Concert : Ensemble soufi Noureddine Khourchid et les derviches tourneurs de Damas - Vendredi 25 novembre 2011 - 21h - Palais des rois de Majorque - PERPIGNAN

vendredi 25 novembre 2011

NOUREDDINE KHOURCHID

Conférence : 24 novembre 2011 - 20H30 - Hôtel du Département - PERPIGNAN Concert : 25 novembre 2011 - 21h - Palais des rois de Majorque - PERPIGNAN

Au rythme du daf, la voix profonde et cĂ©leste qui dĂ©clame l’inshad, le chant soufi, semble se matĂ©rialiser par la prĂ©sence quasi mĂ©taphysique des Derviches tourneurs. Dans ce tournoiement rituel infini au cours duquel la terre et l’air semblent fusionner, c’est bien le mouvement universel et cosmogonique du monde qui s’esquisse ; celui-lĂ  mĂŞme dont l’ordre des Mevlevis Ă©tabli en terre ottomane a fait son apanage. Prolongement des anciennes pratiques rituelles qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l’Islam, le dhikr (le souvenir et la rĂ©pĂ©tition du nom de Dieu) et du samâ’ (l’écoute attentive de la musique) ont connu un nouvel essor grâce au mystique Jalâl-al-Din al-RĂ»mĂ® (1207-1273). Aujourd’hui, ces cĂ©rĂ©monies demeurent exĂ©cutĂ©es par les adeptes de sa voie (tarĂ®qa) : les MewlevĂ®s turcs, comme leurs semblables arabes les Mawlawiyya, ainsi que par de nombreuses confrĂ©ries du Moyen-Orient et du Maghreb. Cette liturgie du souvenir, entre ciel et terre, s’élève de la ville de Konya aux portes de Damas et pousse l’être Ă  s’oublier dans une prĂ©sence divine qui procure cette ivresse de l’âme (al-fanâ). InitiĂ©, dès l’âge de cinq ans, par son père, le cheikh Abou al-Nour, au rituel mystique musulman, Nourredine Khourchid, nĂ© en 1966 Ă  Damas, est tenu aussi, en son pays, pour un des plus grands rĂ©citants du Coran. Bien que, sur le plan universitaire, il se soit paradoxalement initiĂ© Ă  l’économie, c’est bien vers la voie spirituelle qu’il se dirigera. Sa grande maĂ®trise de la rĂ©citation coranique lui permet de maĂ®triser parfaitement l’inshad (chant religieux). La voix profonde et cĂ©leste de Nourredine s’accompagnant uniquement de daf (percussion) semble se matĂ©rialiser par la prĂ©sence presque mĂ©taphysique des derviches tourneurs. Dans ce tournoiement infini qui nous renvoie Ă  l’origine d’un rituel fondateur, oĂą la terre et l’air semblent fusionner, on retrouve ce mouvement universel apanage des mevlevi turques et de leur Ă©quivalent arabe de Syrie, les mawlawiyya dont l’ordre fut crĂ©Ă© par le grand Jalâl al-Din al-RĂ»mi (1207-1273) installĂ© Ă  Konya (Anatolie). ►CONFERENCE : L'Islam et les confrĂ©ries - le soufisme et les derviches. en prĂ©sence des artistes - Jeudi 24 novembre 2011 - 20h30 - HĂ´tel du DĂ©partement - PERPIGNAN avec la participation de Tarek Kuteni (Guide-confĂ©rencier - Directeur du musĂ©e de BĂ©lesta). en prĂ©sence d'Alain Weber Conseiller artistique au Théâtre de la Ville, Ă  la CitĂ© de la Musique et au Théâtre Claude Levi-Strauss, situĂ© au cĹ“ur du musĂ©e du Quai Branly. Il est Ă©galement le directeur artistique de Zaman Productions, du festival Les Orientales, Ă  Saint Florent le Vieil, du festival de musiques sacrĂ©es du monde de Fès. Tarek Kuteni - Historien, spĂ©cialisĂ© dans les religions du Proche -Orient (dĂ©buts du Christianisme et de l’Islam. - Guide-confĂ©rencier au Proche Orient pendant 10 ans (Syrie, Jordanie, Liban). - Actuellement directeur du Château- MusĂ©e de BĂ©lesta, musĂ©e de PrĂ©histoire rĂ©cente. PrĂ©ambule par Tarek Kuteni : Entre Terre et Ciel, le chemin de la spiritualitĂ© Mot d’origine persane, signifie « pauvre », mouvement nĂ© courant le XIII siècle, non loin de Konya en Turquie actuelle, son fondateur Muhammed Celâleddin, fils d’un thĂ©ologien et maĂ®tre soufi de grande rĂ©putation, connu sous le nom de "Sultan-ĂĽl Ulema", le Sultan des Erudits ou le Sultan des Savants. Devant les incursions des mongols qui bouleversaient la vie et l'harmonie de la rĂ©gion, toute la famille dĂ»t quitter Balkh, en 1219. Après ĂŞtre passĂ©s par Damas, ils arrivèrent et s'installèrent Ă  Larende (actuellement Karaman), non loin de Konya, capitale des Seldjoukides du Sultanat de Roum (anciens territoires romains, c'est Ă  dire byzantins, en Anatolie), d'oĂą son surnom de "Roumi" (Romain, Byzantin, Anatolien). Au bout de sept ans, sur l'invitation du sultan seldjoukide Alâeddin Kaykobat Ier, la famille s'installa dĂ©finitivement Ă  Konya qui devint le foyer de la science et de la philosophie le plus important de toute l'Anatolie. Le Sultan des Savants y crĂ©a son Ă©cole et forma de nombreux disciples. Au cours de ces longues annĂ©es passĂ©es auprès de son père, Mevlâna Celâleddin reçut un parfaite instruction. Des rencontres avec de grands savants et philosophes lui permirent de s'enrichir, lors de voyages dans les couvents ou medresse (Ă©coles de thĂ©ologie coranique) oĂą il s'installait. A la mort de son père, Muhammed Celâleddin le remplaça. Il enseigna et instruisit les disciples. Les Ă©lĂ©ments fondamentaux de la doctrine de Mevlâna sont l'amour du prochain et la tolĂ©rance illimitĂ©e, et l'on peut dire qu'il se voua Ă  prĂŞcher la connaissance de ces deux nouvelles conceptions. Il devint un illustre savant dont la rĂ©putation dĂ©passa les frontières et sa doctrine s'Ă©tendit dans tout le monde islamique. Des disciples vinrent de pays lointains pour suivre ses cours. C'est Ă  cette Ă©poque qu'il gagna son surnom de "Mevlâna" (notre divin seigneur). En 1244, un Ă©vènement important bouleversera sa vie : sa rencontre avec le derviche Muhammed Semsettin de Trebiz (Iran). Sems (en abrĂ©gĂ©), humble derviche Ă  la personnalitĂ© monumentale, reprĂ©sentait l'abnĂ©gation de soi et le sacrifice. Il influença Mevlâna Ă  un tel point qu'ils s'enfermèrent dans une cellule de couvent et firent ensemble une retraite de mĂ©ditation de 40 jours. Mevlâna avait trouvĂ©, dans la foi divine de Sems (qui veut dire "soleil" en persan), la lumière qui l'amenait vers Dieu. Après la disparition de son ami, Mevlâna s'enferma dans sa cellule et, dans cette atmosphère nostalgique, s'adonna Ă  la poĂ©sie et Ă  la mĂ©ditation. Il pensait, dansait en pivotant sur lui-mĂŞme. Ainsi naissait le "semâ", cette danse que les derviches tourneurs interprètent encore aujourd'hui. Il se mit Ă  Ă©crire une oeuvre magistrale faite de recueils poĂ©tiques, le Mesnevi. Ecrite en langue persane, cette oeuvre est emprunte de philosophie soufi. Il Ă©crivit Ă©galement de nombreux poèmes oĂą il prĂ´ne l'amour divin et la tolĂ©rance. Selon lui, la poĂ©sie, la musique et la danse participent Ă  l'Ă©lĂ©vation vers Dieu. Après sa mort, en 1273, son fils Veled organisera ses disciples en confrĂ©rie de derviches, ou Ordre MevlĂ©vi. La confrĂ©rie des derviches Tourneurs Venue de Damas, reprĂ©sente avec quelques rares autres communautĂ©s la prolongation de l’hĂ©ritage authentique et spirituel d’il y a environ 800 ans, dans un contexte actuel ou le matĂ©rialisme et la duretĂ© nous font oublier la sensibilitĂ© et la grandeur de l’être humain, capable de voler pour, peut-ĂŞtre atteindre en haut l’inconnu « le divin » ? ►CONCERT : Vendredi 25 novembre 2011 - 21h - Palais des rois de Majorque PERPIGNAN



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