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Michel Portal et Vincent Courtois

vendredi 04 juin 2010

à
Cathédrale Sainte Eulària d'Elne

aux questions : « qui est le plus connu des musiciens français ? » et « qui est le plus inconnu des musiciens français ? », la réponse pourrait bien être la même : Michel Portal. Du clarinettiste on a l'impression de tout savoir ou presque, de son extrême qualité d'interprète classique et contemporain (Mozart, Brahms, Schumann, Berg, Kagel, Stockhausen, Boulez, Berio …), de son goût viscéral pour les musiques populaires (il a joué avec Perez Prado, accompagné Judy Garland, Barbara ou Serge Gainsbourg, porté un intérêt perpétuellement enfantin pour la musique de son Pays Basque natal), de son investissement dans le mouvement naissant du free jazz en France (avec François Tusques, Bernard Vitet, Beb Guérin, Jacques Thollot) de sa capacité à écrire pour le cinéma (L'Ombre Rouge, Martin Guerre, Max mon Amour), de son influence décisive sur la scène française avec la création de son Michel Portal Unit, de son goût pour l'instable et les facéties (souvent partagé avec Bernard Lubat), de sa capacité à rencontrer (Jack Dejohnette, Don Cherry, Martial Solal, Michael Bland parmi mille autres), de son incroyable équilibrisme entre le hasard et la nécessité... Ce que l'on appréhende moins, c'est son amour puissant pour le jazz ; ce qui reste un mystère, ce sont les mécanismes intimes de ce passe muraille ; ce que l'on ignore souvent et qui est peut-être plus éclairant encore sur cette personnalité complexe, mais étonnamment libre, c'est son goût pour les oiseaux.

Concert au profit de la restauration de l'orgue de la cathédrale d'Elne. Entrée libre. Participation à la discrétion du public. Le concert aura lieu à 21 heures.


DUO PORTAL (clarinette, saxo) COURTOIS (violoncelle)

vendredi 04 juin 2010

DUO PORTAL (clarinette, saxo) COURTOIS (violoncelle)

21 heures, Cathédrale d'Elne

MICHEL PORTAL “Dans le jazz européen, Michel Portal occupe une place singulière et perturbante. Sa réputation de soliste classique semble l’avoir débarrassé du souci d’affirmation technique. Destinataire direct des grands compositeurs contemporains, il n’est pas pressé par le besoin de reconnaissance. Régulièrement salué par l’ensemble de la profession de la musique et du spectacle (trois “césars” pour ses musiques de films viennent s’ajouter à de nombreux prix et récompenses reçus dans tous les domaines), il a les moyens de se faire une conscience exacte de la position qu’il occupe. Cela lui permet d’entrer dans le champ de l’improvisation avec une volonté renouvelée de non-savoir et de chamboulement. Elle n’exclut ni l’inquiétude ni la véhémence. En de longs parcours toujours tendus par un lyrisme cru, par les caprices de l’invention, par un sens de la fantaisie et aussi bien de la mélodie heureuse, par la recherche entêtée de son intérieur ou de l’explosion des rythmes, Portal semble vivre chaque âcre musical comme une remise en jeu totale. Comme pour pousser à bout son être musicien et les règles de l’échange avec ses partenaires. Il peut atteindre, dans l’enjouement autant que dans le cri tragique, des pointes exceptionnelles. La scène est alors son domaine de prédilection. Le jazz n’est pas pour lui un style parmi d’autres : c’est sa façon bouleversante de vivre la musique, de considérer ses autres expériences musicales, de les brusquer, et, éventuellement, de les réinventer.“ Francis Marmande Dictionnaire du Jazz, Robert Laffont “La force de Michel Portal est aussi sa faiblesse : côtoyant avec une aisance apparente des univers musicaux que l’on a coutume d’opposer, il lui arrive en conséquence de se voir contester ses qualités de jazzman. Pourtant, depuis cinquante ans, le clarinettiste, saxophoniste, bandonéoniste démontre sa légitimité à investir ce domaine avec autant d’habileté que celle dont il fait preuve en servant Mozart ou Berio, ou en composant d’élégantes musiques de films (Le Retour de Martin Guerre ; Max, mon amour). S’il a débuté sa carrière de jazzman auprès du contrebassiste Pierre Michelot (celui d’Ascenseur pour l’échafaud) et du compositeur André Hodeir, Portal s’est rapidement empressé de multiplier les expériences : freejazz made in France défendu aux côtés de Pierre Favre et Bernard Vitet, collaborations choisies (Jack de Johnette, Dave Liebman, Louis Sclavis ou Don Cherry) et, ces derniers temps, combinaisons stylistiques plus ou moins heureuses et audaces quelques fois maladroites (Minneapolis). Dénominateur commun à ces bifurcations, la rencontre de l’alter ego musicien dans le seul but d’apaiser une anxiété que le clarinettiste explique : “J’ai toujours eu cette obsession de rencontrer, et le temps passe très vite. L’existence est un coup de vent, et si j’ai la chance de pouvoir jouer avec tel ou tel musicien, il faut y aller.“ Alors en 2006, Portal y retourne, retrouvant le quintet “Minneapolis” le temps d’un enregistrement d’un nouvel album studio : Birdwatcher. Si la confection d’un tel disque est un exercice qu’il apprécie moins que celui de la scène, il présente un atout de choix, qui est de lui donner l’occasion de nouveaux échanges : “En France, j’ai une famille de musicien avec lesquels je donne beaucoup de concerts, comme Bojan Z, Humair ou Sclavis, mais lorsque je dois faire un disque, je me dis que ce serait bien de réserver quelques surprises. Cette fois je me suis retrouvé dans une autre famille.“ Au sein de laquelle on compte, entre autres, le saxophoniste Tony Malaby et le percussionniste brésilien Airto Moreira, ancien complice de Miles Davis. De nouveaux partenaires au contact desquels Portal dit interroger sa musique : “Ces échanges peuvent apporter à un morceau quelque chose qui m’échappe. Je refuse à être à 100% dans mon langage et recherche pour cela des climats différents dans lesquels mon côté hybride et métissé pourrait se fondre. (…)“ Guillaume Belhomme Les Inrockuptibles, n° 588, 6 mars 2007 VINCENT COURTOIS Vincent Courtois, est né à Paris, le 21 mars 1968. A six ans, il commence le violoncelle dans la classe d' Erwan Fauré au CNR d'Aubervilliers où il obtiendra un premier prix de violoncelle et de musique de chambre. Il étudiera par la suite avec Roland Pidoux , Fréderick Lodéon et remportera en 1987 le Diplôme Supérieur d'Excécution de l'Ecole Normale de Paris. Parallèlement à ses études " classiques ", Vincent Courtois découvre le Jazz et l'improvisation. Il rencontre Jean Charles Capon et Dominique Pifarély et en 1988 fait ses premiers concerts au sein de l'octet de Christian Escoudé (« Gipsy Waltz »(Polygram) et rejoint le Swing String System de Didier Levallet. C'est à cette époque qu'il forme son premier quartet, avec lequel il enregistrera deux disques: "cello news " et "Pleine lune "(Nocturne Productions). De nombreux musiciens commencent à faire appel à lui, notamment Martial Solal, qui l'invite à jouer en duo. En 1993, il forme le " pendulum quartet ", avec entre autres Julien Lourau (disque "pendulum "Label Acousti). Il crée également le groupe " Tukish Blend "(disque Al Sur), et le trio "Zebra 3 " avec Franck Tortiller et Xavier Desandre. Un an après, Michel Petruciani, fait appel à lui pour former un quatuor à cordes pour le disque "Marvellous ",avec Tony Williams et Dave Holland pour Dreyfus Jazz. Il rejoint également le " quartet Opéra " de Gérard Marais (Label Hopi). A cette époque, Vincent Courtois travaille régulièrement dans la variété avec entre autre, un disque et des tournées avec les Rita Mitsuko (" Acoustique "Virgin). En 1995, il fait ses premiers concerts solo, joue dans le septet de François Corneloup et rencontre Louis Sclavis pour des musiques de film et de théâtre ("Danses et autres scènes "Label Bleue, "ça commence aujourd'hui "de Bertrand Tavernier). Il rejoint l' ONJ de Didier Levallet (" ONJ Express "Evidence) et le quintet de Rabih Abou Khalil avec qui il enregistrera deux disques," Yara" et " Cactus of Knowledge " pour Enja Records. En 1998, il joue dans l'orchestre de Pierre Favre, et dans le trio d'Yves Robert (" in touch "ECM). Il poursuit sa collaboration avec Louis Sclavis du duo au sextet (" l'affrontement des prétendants "et " dans la nuit » pour ECM) En 2000, il crée trois trios et un quintet au festival de Coutances avec Pierre Favre, Noel Akchoté, Lucilla Galéazzi, Michel Godard, Marc Ducret, Dominique Pifarely, Cyril Atef, John Greaves, Nicolas Mizrachi , sort le disque " Translucide " et l'année d'après " the fitting room " avec Marc Ducret et Dominique Pifarely pour Enja Records. En 2002, il fait partie du nouveau quartet de Louis Sclavis " Napoli's walls " et crée au festival Banlieues Bleues un trio avec Ellery Eskelin et Sylvie Courvoisier "Six windows". Il se produit également dans l'orchestre de Joachim Khun avec Michel Portal. En 2003, il enregistre avec John Greaves et Sophia Domancich "The Trouble with happiness". En 2004, il enregistre "Les Contes de Rose Manivelle" avec Zé Jam, Louis Sclavis, Francis Le Bras, François Choiselat, Olivier Sens et Guillaume Dommartin. (Le triton). Il forme un nouveau trio avec Marc Baron et François Merville "What do you mean about silence". Depuis quinze ans, Vincent Courtois s'est produit aux cotés de nombreux musiciens parmi lesquels: James Newton, Louis Winsberg, Jean Paul Céléa, Laurent de Wilde, Simon Goubert, Chris Biscoe, Jim Black, Tomas Stanko, Hélène Labarrière, Wolfang Pouchnick, Dave Douglas, Mark Feldman , Renaud Garcia Fons, Richard Galliano, Médéric Collignon, Tom Rayney, Mark Naussif, Antonio Hart etc. Il continue aujourd'hui à se produire à la fois dans des formations comme "Napoli's Walls", "L'affrontement des prétendants" et "Dans la nuit" de Louis Sclavis, ainsi qu'avec ses propres formations comme Le Trio Rouge avec Lucilla Galeazzi et Michel Godard et Les Contes de Rose Manivelle.