Repousser les limites du sensoriel, explorer les possibles, préférer toujours la traversée des apparences, n’est-ce pas au fond le sens même de la démarche artistique ? N’est-ce pas aussi, l’apanage des explorateurs, des inventeurs, des chercheurs ? Ne s’agit-il pas toujours, en filigrane, de fouler des terres inconnues de la connaissance humaine, et donc, en retour, de modifier le spectre même de la perception spatiale et temporelle ? A partir de la remarquable collection de MúSIC, une merveille chorale qui regroupe des instruments venus du monde entier et nous offre une vision horizontale de la diversité des cultures et des rapports au sacré, l’évidence s’impose d’une quête universelle. Mais aussi, la présence insolite d’instruments isolés, de sans-pareil, qui sortent de l’utilitaire, au sens le plus noble du terme « au service de » pour dire autre chose : la quête solitaire d’un individu, mi-artisan, mi-artiste, résolu à aller plus loin, juste pour la beauté du geste, juste pour l’impérieuse nécessité de créer : le facteur d’instruments.

Gardien de la réalité objective de son temps et de l’espace dans lequel il évolue, le facteur d’instruments a la double mission de s’en faire le miroir, lorsqu’il s’agit de la réplication de l’existant, et d’en devenir le guetteur d’ailleurs, quand il s’aventure dans la recherche pure, dopée par les avancées technologiques. Il devient alors un sculpteur de sons, un éclaireur d’imaginaire qui propose in fine un surréel sonore capable de changer l’oreille humaine en lui faisant intégrer de nouvelles tessitures, de nouvelles dissonances. En ce sens, il impose la réalité d’un sixième Continent, qui ne se résume pas à une appartenance territoriale ou à une époque donnée, mais les transcende par la volonté démiurgique d’un individu en position de passeur et de transgresseur. Les frères Baschet et Philippe Destrem sont des voleurs de feu : leurs instruments insolites, qui puisent à la fois au progrès des sciences et à l’archaïque, aux dérives de la société de consommation et à l’épure, dialoguent avec leurs pairs d’autres époques et d’autres espaces. La collection de MúSIC, ainsi éclairée, révèle une autre collection immanente, un parcours onirique d’un instrument singleton à l’autre, qui est d’abord une expérience sensorielle à vivre sans a priori, dans ce sixième Continent suspendu où tous les repères connus se dérobent.

P.S : Il sera strictement interdit de ne pas jouer !

Marie COSTA

The exciting new exhibition SUPERSONIC, en quête de l’inouï – MúSIC invites you not only to explore their impressive permanent collection but also to voyage into a universe of imagination, magic and dreams. SUPERSONIC, en quête de l’inouï aims to shine a light on what has not been heard before, what has not been spoken about… extraordinary, exceptional, incredible ! From piano makers to violin stringers, the instruments makers are dream weavers and doers of the impossible, sounds sculptors and artistic wizards… you‘ll be strictly forbidden NOT to play !!

The temporary exhibition is spread in different areas along the museum path. On the 3rd floor you can access the activity room, discover the indonesian gamelan and also play acoustic sound generators.

SUPERSONIC

EN QUÊTE DE L'INOUÏ

Site dédié à l’exposition temporaire